Ce que recouvre l'expression « dépistage généralisé »
L'idée d'un dépistage « généralisé » du cancer à partir de 50 ans circule souvent sous une forme imprécise. Elle laisse entendre qu'un examen unique permettrait de rechercher tous les cancers à la fois, pour toute la population d'un même âge. Cette représentation ne correspond pas à l'organisation actuelle du dépistage en France.
Les programmes de dépistage organisé ne portent que sur quelques localisations, choisies pour des raisons précises : le cancer du sein, le cancer colorectal et, dans certains cas, le cancer du col de l'utérus. Chacun repose sur un test ou un examen dédié, avec ses propres bornes d'âge et son propre rythme de renouvellement. Il n'existe pas de test biologique capable de détecter indifféremment l'ensemble des cancers.
Pourquoi seules certaines localisations font l'objet d'un dépistage organisé
Un dépistage n'est proposé à grande échelle que si plusieurs conditions sont réunies. La maladie doit être fréquente, disposer d'un test fiable et acceptable, et surtout bénéficier d'un traitement plus efficace lorsqu'elle est détectée tôt. Sans cette dernière condition, repérer une lésion plus tôt n'améliore pas la survie.
Le rapport bénéfices-risques entre également en compte. Un test imparfait produit des faux positifs, qui entraînent des examens complémentaires, de l'anxiété et parfois des gestes inutiles. La question n'est donc pas de savoir s'il faut « tout dépister », mais si le bénéfice collectif dépasse ces inconvénients pour une population donnée.
L'âge de 50 ans, un seuil qui varie selon les cancers
Le seuil de 50 ans revient régulièrement parce qu'il correspond à l'âge de départ du dépistage organisé du cancer du sein et de celui du cancer colorectal pour les personnes à risque moyen. Il ne s'agit pas d'un âge biologique universel au-delà duquel tous les cancers deviendraient soudain plus fréquents de la même manière.
D'autres dépistages commencent plus tôt, ou reposent sur des critères différents. Le dépistage du cancer du col de l'utérus concerne ainsi des femmes plus jeunes. Les personnes présentant des antécédents familiaux marqués relèvent, elles, d'une prise en charge spécifique, souvent avant 50 ans. Le seuil dépend donc du cancer considéré et du niveau de risque individuel. À consulter également : www.mamanvadrouille.fr.
Les limites d'une extension du dépistage à toute la population
Élargir le dépistage à l'ensemble des cancers et à tous les quinquagénaires se heurte à plusieurs obstacles. Certains cancers ne disposent d'aucun test de détection précoce validé. Pour d'autres, les outils existants manquent de spécificité, ce qui produit un grand nombre de résultats trompeurs.
La participation compte aussi. Un programme, même bien conçu, n'a d'effet que si la population concernée y recourt. Les taux de participation restent inégaux selon les dépistages et les territoires, ce qui limite la portée des dispositifs existants avant même d'en envisager de nouveaux. Enfin, la décision de se faire dépister hors programme relève d'un échange avec un médecin, qui évalue les bénéfices et les limites au cas par cas.